Leçon n° 6 : qu’est-ce que la balance des blancs ?

Bien que cette notion puisse paraître trop simple au premier abord pour en faire une leçon de photographie, bien comprendre ce qu’est la balance des blancs et savoir comment elle fonctionne est très important en photographie numérique. Une balance des blancs mal paramétrée peut massacrer une photo en ajoutant de nombreuses tonalités de couleurs indésirables et par, exemple, ne pas donner un teint de peau très naturel.

Dans cette leçon, je vais expliquer ce qu’est la balance des blancs et comment la régler sur votre appareil photo ou dans un logiciel de traitement pour obtenir des couleurs adaptées aux situations.

1. Qu’est-ce que la balance des blancs ?

La balance des blancs, en photographie numérique, c’est l’ajustement des couleurs afin que l’image paraisse naturelle. Il s’agit avant tout de réduire l’impact des couleurs dominantes, afin de rapprocher l’image de ce que l’on voit quand on prend la photo. Pourquoi avons-nous à faire cela ? Parce que la plupart des sources de lumière (le soleil, les ampoules, les flashs, etc.) n’émettent pas une couleur purement blanche ; elles ont une certaine température1 . Le cerveau humain décode l’information qui vient à nos yeux et ajuste automatiquement la température de couleur ; nous voyons donc normalement les couleurs correctement, à l’état naturel. Ce que la plupart des personnes ne réalisent pas, c’est qu’il existe une énorme différence dans la température de couleur entre la lumière du soleil et des éclairages par ampoules en intérieur.

Si vous avez l’habitude de skier, tentez cette petite expérience : mettez vos lunettes de ski et regardez la neige ; cela devrait changer la tonalité de sa couleur. Si vous avez des lunettes de ski avec une teinte jaune, la neige paraîtra légèrement jaune. Cependant, après avoir un peu skié, vos yeux et votre cerveau vont adapter la couleur et la neige paraîtra blanche à nouveau. Quand vous enlevez vos lunettes de ski, après le ski, la neige paraîtra légèrement bleue plutôt que purement blanche durant un petit moment ; et ce, jusqu’à ce que votre cerveau réajuste les couleurs normalement. Cet exemple prouve que nous sommes naturellement équipés d’un système de colorimétrie très sophistiqué qui ajuste automatiquement les couleurs en fonction de différentes situations d’éclairages.

Alors que notre cerveau va automatiquement interpréter les couleurs pour nous de la meilleure manière possible, les appareils photo numériques ne peuvent que deviner de quelle température de couleur il s’agit en captant la lumière ambiante. Dans la plupart des cas, les appareils photo numériques modernes l’interprètent très bien. Pourtant, dans certaines situations, ils font des erreurs. A cause de ces erreurs, certaines images peuvent paraître trop bleues, ou trop jaunes, et les couleurs de peaux peuvent ne pas apparaître naturelles.

Voici deux exemples de balances des blancs : l’une est correcte, l’autre non.

Comme vous pouvez le voir, l’image de gauche paraît plus naturelle et la couleur de la peau paraît correcte, alors que l’image de droite est trop (jaune). La seconde image a vraiment besoin d’ajustement sur sa balance des blancs pour éliminer l’excès de ton jaune.

2. Températures de couleur et mesure

Comme indiqué plus haut, différentes sources de lumière ont des températures de couleur différentes. Ces températures de couleurs sont mesurées en Kelvin2 mais vous ne verrez pas souvent écrit quelque chose comme « 5 500 K » qui est en fait une lumière typique en pleine journée. Regardez ce diagramme qui indique approximativement les couleurs (en Kelvin) et les valeurs associées :

Type d’éclairage Température de la couleur en Kelvin (K)
Flamme de bougie 1000 à 2000
Eclairage intérieur de maison 2500 à 3500
Lever et coucher de soleil
3000 à 4000
Plein soleil et flash
5000 à 6000
Plein soleil et ciel bleu
6000 à 6500
Ciel nuageux et ombre
6500 à 8000
Ciel chargé
9000 à 10000

Si votre appareil photo est réglé sur « Balance des blancs automatique », il essaiera de deviner quelle valeur en Kelvin est associée à un objet blanc qui sert de référence dans l’image. Par exemple, des nuages blancs dans un paysage serviront de point de référence blanc et le reste des couleurs sera basé sur ce blanc référent. Ce type de calcul ne produit pas toujours de bons résultats, spécialement si le paysage que vous photographiez ne contient pas de blanc pur, ou bien s’il est dominé par juste une couleur. Dans ce cas, vous allez peut-être devoir régler manuellement la balance des blancs sur votre appareil ou encore régler a posteriori (dans un logiciel) la balance des blancs pour corriger les tons.

3. Que vaut-il mieux faire ? Bien régler l’appareil ou modifier en développant le cliché ?

Si vous prenez vos photos en format « RAW », ces dernières peuvent être converties facilement à n’importe quelle balance des blancs car cette information n’est enregistrée qu’en référence ; l’image originale reste inaltérée par l’appareil photo. Cela signifie que tant que vous prenez des photos au format RAW, vous pouvez purement et simplement ignorer la balance des blancs et prendre des photos avec la balance des blancs que vous voulez. Personnellement, j’utilise beaucoup la balance des blancs automatique, et je laisse l’appareil deviner quelle bonne balance des blancs est à sélectionner. Si l’appareil n’y parvient pas, je change la balance des blancs dans un logiciel comme Lightroom et j’applique cette même balance des blancs à toutes les photos concernées. Donc si vous prenez vos photos en RAW, laissez la balance des blancs automatique travailler. Si vous travaillez en JPG, je finirai de vous convaincre dans un article spécifique aux formats de fichiers.

Et si vous ne pouvez pas utiliser le RAW ? Alors vous allez devoir apprendre comment utiliser des cartes blanches pour ajuster la balance des blancs sur votre appareil (d’où l’expression « Avoir carte blanche »). Dans la plupart des cas, votre appareil pourrait deviner tout seul la plupart des températures de couleur rencontrées mais il y aura des cas qui seront sources d’erreurs : votre balance des blancs sera alors fausse. Il faudra la régler manuellement, car les changements en post-production ne seront pas aussi satisfaisants qu’avec des fichiers au format RAW.

4. Comment changer de balance des blancs sur l’appareil photo ?

Cela change d’un fabriquant à un autre, et d’un modèle d’appareil à un autre. Par exemple, la plupart des appareils Nikon professionnels comme le D300s, le D700 ou le D3s ont un bouton dédié libellé « WB » sur les commandes du haut, tandis que les appareils comme les Nikon D90 ont un bouton « WB » sur l’arrière de l’appareil, à côté de l’écran LCD. Pour changer de balance des blancs, tout ce qu’il faut faire est maintenir le bouton « WB » enfoncé avec une main, et faire tourner la roue de sélection. Tous les appareils photo numérique Nikon vous permettent également de changer la balance des blancs à l’intérieur des paramètres. Si pour une raison ou une autre vous ne trouvez pas ce réglage dans votre appareil, je vous recommande de lire le manuel utilisateur. Il vous dira clairement où cela se passe.

5. Pré-réglages

La plupart des appareils photo numériques d’aujourd’hui ont des pré-réglages de balances des blancs attribuant certaines valeurs exprimées en Kelvin par le fabriquant. Ces réglages varient selon le fabriquant et le modèle de l’appareil. Voici une liste de balances des blancs pour la plupart des appareils photo numériques Nikon :

  1. Auto (A) – Réglage par défaut ; utilisé tout le temps en RAW. L’appareil devine tout seul la balance des blancs en fonction de la lumière ambiante et de l’utilisation du flash ou non.
  2. Tungsten – A utiliser uniquement lorsque vous êtes éclairé par des ampoules à incandescence ou votre photo paraîtra bien trop bleue.
  3. Fluorescent – A utiliser si les photos semblent trop vertes ou avec des lumières florescentes.
  4. Lumière du soleil – Utilisé pour les prises de vue en extérieur avec la lumière du soleil directement sur le sujet.
  5. Flash – Utilisé lorsque l’on déclenche le flash intégré à l’appareil.
  6. Nuageux – Utilisé les jours nuageux ou dans les ombres. Donne une impression plus chaude si utilisé durant un éclairage du soleil.
  7. Ombre – Plus chaud que le réglage « nuageux », ajoute des tons orange à la photographie. Idéal pour les couchers de soleil.
  8. Variable – Vous permet de changer manuellement la valeur en Kelvin de 2 500 à 10 000.
  9. Preset (PRE) – Utilisé pour régler la balance des blancs avec une carte blanche

Là encore, cette liste est donnée à titre indicatif et peut être différente en fonction de votre appareil. Le meilleur moyen d’obtenir une balance des blancs correcte est à travers le réglage « Preset ». Tenez une carte blanche devant votre appareil et appuyez sur le bouton. L »appareil va lire la température de couleur correcte de la lumière qui va se refléter sur la carte blanche et va utiliser ce paramètre comme balance des blancs.

6. Changer la balance des blancs dans Lightroom

Changer les réglages de balance des blancs dans Lightroom est simplissime. Dans le module « Bibliothèque », regardez le panneau de droite et choisissez un réglage dans « Balance des blancs » dans le sous-menu « Développement rapide » comme indiqué ci-dessous :

Vous pouvez également ajuster la température de la couleur ainsi que la teinte dans Lightroom. Passez simplement au module « Développement » et regardez dans le menu « Réglages de base ». Vous pouvez soit choisir la température de couleur ou de la teinte, ou le déplacer à la souris :

7. Utilisations créatives de la balance des blancs

Dernier point : comme souvent en photographie, il faut connaître les règles pour mieux pouvoir les transgresser et pour certaines applications, vous pouvez bien entendu jouer avec la balance des blancs pour donner des effets créatifs. Les rendus sur la peau sont parfois dérangeants mais peuvent être très utiles dans le cas de prises de vues spécifiques tels que des couchers de soleil.

Article largement inspiré de celui du site mansurovs.com.

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Notes
  1. Wikipédia : les températures de couleur []
  2. Kelvin : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kelvin []

Tweets de la semaine (2010-07-25)

Tweets de la semaine (2010-07-18)

Annuler – traité sur Ctrl-Z / Cmd-Z

Les personnes un minimum intéressées par l’informatique sauront de quoi je parle directement grâce au titre : il s’agit d’une commande, largement répandue en informatique, visant à annuler une action que l’on vient de faire : insérer du texte, faire un copier-coller, supprimer du texte, etc.

Pourquoi parler de cette commande ? Parce qu’en quelques années, l’informatique a fait un bond vertigineux, vers des évolutions d’interfaces graphiques les plus fines. Or, s’il y a bien une commande qui n’a pas évolué en même temps dans l’informatique, c’est la commande « Annuler »1 .

Pourquoi la faire évoluer ? Parce qu’elle n’est pas à la hauteur de la promesse de l’informatique aujourd’hui pour les utilisateurs. L’historique de cette commande ne permet pas toujours de revenir très loin en arrière. De même, lorsque vous fermez un document, il n’est pas possible de remonter dans les actions qui ont composé ce document avant sa fermeture. Microsoft a essayé durant un moment de rendre évoluée cette commande dans les Packs Office. Il était alors possible de voir l’historique de pile de commandes, revenir en arrière, et ce, parmi tous les logiciels du Pack Office. Ceci étant, cela n’a pas vraiment été utilisé ni répandu. Si l’ergonomie n’était pas parfaitement pensée pour la diffusion, elle était également limitée à quelques programmes.

Aujourd’hui, la commande « Annuler » est intégrée à un logiciel donné. C’est bien le coeur du problème et c’est là où nous pourrions voir de fortes évolutions dans les systèmes d’exploitation du futur : intégrer cette instruction au niveau du système d’exploitation et non au niveau d’un logiciel. Cela permet de rendre l’instruction universelle, et de la faire cohabiter quel que soit le logiciel utilisé, et quel que soit le statut du fichier (fermé, ouvert, enregistré ou non…).

C’était là un principe novateur et motivant de Google Wave. L’outil du géant de la recherche permettait2 de construire un document, de manière collaborative, et remonter tout le fil de l’historique de ce document (de cette wave), quelle qu’en soit l’origine. Google a bien intégré cette notion dans cet outil mais reste confronté aux mêmes problèmes : bien que facilité parce que mis en place sur le cloud, cela n’est pas généralisable.

J’attends donc des prochains systèmes d’exploitation une très grande évolution sur  ce point, ainsi que sur les smartphones. Aujourd’hui, rien ne va contre ce sens : ni les ressources matérielles démesurées, ni le besoin et l’expérience de l’utilisateur lambda

Allez, je finis ce billet sur une petite note artistique en vous relayant le court-métrage vainqueur d’un concours datant de quelques années, qui imaginait que le Ctrl-Z s’étende… à la réalité.


Watch Ctrl Z (Director Robert Kirbyson) in Divertissement  |  View More Free Videos Online at Veoh.com

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Notes
  1. comprenez la combinaison de touches « Ctrl + Z » sur PC et « Cmd + Z » sur Mac []
  2. remarquez que j’en parle à l’imparfait []

De l’usage du prétexte

Continuons un peu notre découverte des bons préceptes d’auto-coaching. Vous avez probablement pris désormais l’habitude de mettre en place vos écriture/lectures dans la journée. Reste qu’il existe un élément sur lequel vous ne pouvez pas proprement fonctionner par papier : les choses à faire.

Deux raisons pour lesquelles votre carnet de papier ne vous permet pas de gérer proprement les choses que vous avez à faire :

  • d’une part, le papier et le stylo ne sont vraiment pas (c’est une des seules activités pour lesquelles c’est le cas) pratiques pour gérer des listes de tâche, à moins bien sûr de refaire sa liste chaque jour, de se fatiguer à reprendre au propre les listes, etc.
  • un carnet et un stylo (comprenez un brouillon-fourre-tout) ne sont pas motivants pour prendre les choses en main.

C’est là où l’on touche le coeur d’un des éléments de l’auto-coaching : la motivation.

Pour se motiver à gérer une liste de tâches, il faut un outil pratique et séduisant (oui, séduisant, même pour une activité aussi bateau). Dans mon cas, j’ai trouvé Things. Le design est léché, à tel point que n’importe qui a envie de gérer ses tâches dessus, rien que pour profiter à chaque fois de l’ergonomie de l’application1 . C’est vraiment l’outil idéal (bien que uniquement en anglais) pour les personnes qui, comme moi, ont besoin de faire des listes, tant sur le plan personnel que professionnel ; en plus l’utilisation est hyper simple, ce qui ne gâche rien.

Je prends comme exemple également une amie proche qui se motive dans la tenue d’un régime positif, grâce à un carnet soigneusement préparé, om elle n’a plus qu’à cocher (une fiche par jour) son poids, son humeur, son régime alimentaire. Le côté pratique n’est pas essentiel. Ce qu’il faut surtout y voir c’est le côté motivant.

Faites donc aujourd’hui l’exercice : prenez une tâche que vous n’arrivez pas à effectuer correctement, ou régulièrement, ou sérieusement et réfléchissez en prenant un peu de recul. Qu’est-ce qui pourrait être source de motivation pour le faire ? On remarquera alors que ce genre de soutien à la tâche, lorsqu’il nous parle, peut être acheté à n’importe quel prix2 . Le prix de cet outil ne doit en aucun cas être mal évalué. 15 € pour une application sur un téléphone, c’est cher. Mais 15 € pour une des seules applications qui peut vous motiver à suivre vos tâches, c’est donné.

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Notes
  1. disponible au passage sur iPhone, sur iPad, et sur Mac []
  2. je vous invite d’ailleurs à regarder le prix de Things, c’est pas donné-donné. []