Aujourd’hui, alors que je faisais ma tournée quotidienne des sites d’actualités, il m’est apparu important de souligner un élément social particulier, lié à Twitter.
Cela a commencé avec la lecture de cet article sur Le Monde .fr intitulé « J’accouche, please retweet ».
NB : comme je souhaite que cet article puisse rester compréhensible dans le temps, je me permets de réinjecter en fin de ce billet une bonne partie de l’article pour que si le site original supprime le papier, on puisse encore comprendre quelque chose.
J’ai immédiatement réagi dans mon esprit à la lecture de ce début d’article. J’ai alors réalisé que si Twitter représentait jusque là une révolution dans la perception des internautes, ce n’est finalement qu’un non-outil, ou tout du moins une non-innovation.
Attention, je n’en démords pas : Twitter est fantastique, c’est un service aujourd’hui indispensable et sans égal sur la manière de communiquer dans un web 3.0 naissant. Les entreprises elles-mêmes devraient en prendre conscience. Toutefois, ce que je souhaiterais souligner, c’est qu’il n’y a là sur le plan sociologique et relationnel, aucune évolution notable.
Se livrer sans retenue, raconter une vie, signifiante ou inintéressante. Cela ne vous rappelle-t-il rien ? On parle là de blogging, qu’il soit « micro » ou blogging « tout court ». Rien de nouveau. Internet en soi est cette révolution permettant de livrer à tout un chacun les détails d’un accouchement, d’un enterrement, d’un accident, des détails intimes d’une relation de vie. C’est Internet qui est une extension d’une partie de notre quotidien. Pas Twitter.
Alors pourquoi autant d’intérêt et d’engouement sur cet outil, comme s’il était la source d’une prise de conscience (Rendez-vous compte ! A cause de Twitter, on assiste aux accouchements des gens !) ? Quand on y pense, Twitter reste un élément qui peut facilement être contrôlé, sur lequel la volonté effectue naturellement un tri.
Alors un service qui dépasserait ce cadre habituel et qui constituerait en soi une vraie révolution, ce serait quoi ? Avant tout, quelque chose qui ne pourrait pas être contrôlé. Un élément permanent. Que diriez-vous si les sons qui environnent votre vie étaient relayés en permanence et en direct sur des webradios accessibles par tous ? Là , il y aurait quelque chose d’incroyable, de sociologiquement très révolutionnaire (et de sans doute pas très rentable hein). Si Google Latitude était à la fois d’une précision du dizième de mètre et capable de vraiment mettre à jour notre position en temps réel, oui. Là , nous constaterions des changements dans notre quotidien.
Mais à ce jour, rien de tout cela. Juste du blogging. Cessez donc de vous étonner pour ce qui reste un outil. Un superbe outil qu’il ne faut pas laisser sur le bord de la route. Mais un outil quand même. Et cessez donc d’écrire des articles qui portent sur Twitter pour faire croire qu’il y a à travers lui un vrai phénomène de société. Je crois que Twitter reste tout simplement « bancable ».
L’article en question :
Article de Thibaud Vuitton diffusé sur LeMonde.fr le 09/04/09 :
Vous voulez une péridurale ? Oui s’il vous plaît ! » Mardi 11 août, @sara, l’épouse du directeur de Twitter, Evan Williams, racontait son accouchement en direct et en gazouillis sur la plateforme dirigée par son mari. « Cher Twitter, j’ai perdu les eaux. Ce n’était pas comme [le personnage] de Charlotte dans [la série] ‘Sex and the City’. Maintenant, je chronomètre les contractions avec une application de mon iPhone ».Certes, Sara Williams fait sans doute preuve d’un soutien inconditionnel aux projets professionnels de son mari. Mais de là à confier un événement aussi intime aux quelque 17 000 inconnus abonnés à son fil… Car, après tout, Twitter ne met pas en relation des amis, comme Facebook ou Copains d’avant. Il ne met même pas en relation des collègues comme Linkedin ou Viadeo. A l’origine, Twitter met simplement en relation des gens qui répondent à la question « Que faites-vous actuellement ? » A cela, bien avant @sara, une jeune Française avait déjà répondu « j’accouche ».







Perso ça me choque absolument pas de twitter son accouchement. Quand je me suis posée la question, c’était sérieusement. Je pense pas en parler sur mon compte public mais c’est envisageable sur celui où je suis seulement suivie par des gens que je « connais » d’avant twitter.
Je sais pas si je serais en mesure de le faire parce que les contractions c’est quand même pas que rigolo mais je pense que ça me ferait plaisir de le partager, d’en parler et d’avoir les réactions à chaud, le soutien. De toutes façons, je crois que si c’est pas moi qui le fais, ça sera sûrement mon homme.
Je n’étais jamais allé voir sur twitter avant ce jour mais honnêtement, c’est sans surprise. Depuis la création du premier forum en passant par facebook et tous les blogs de la création, c’est un déballage sans pudeur, sans intérêt et sans talent (le tout souffrant de rares, trop rares exceptions à ces règles) de vies privés, d’opinions et de considérations diverses.
C’est tout de même troublant de voir comme internet veut faire du monde entier notre « AMI » (expression facebook que j’adore!!).
En toute sincérité je trouve ça merveilleux, tant que l’on ne m’oblige pas à regarder. C’est une liberté d’expression absolue mais qui ne s’expose en fait qu’au regard des intéressés qui auront le courage ou l’envie de taper l’adresse d’un tel site dans leur navigateur. Pour les autres, dont je fais parti, twitter n’aura jamais existé et c’est aussi ça le charme d’internet.